Horendi

Un film de / a film by : Jean Rouch (France)

À Niamey, dans la cour de la concession du prêtre Zima Sambo, pendant sept jours se déroule le Horendi, au cours duquel sont recrutés les « chevaux des génies ». Deux jeunes femmes malades depuis plusieurs semaines sont initiées à la danse de possession. Les batteurs de calebasse jouent tous les airs des génies et chantent leurs devises. Les jeunes femmes apprennent la danse rituelle par laquelle la transe se provoque et se maîtrise. Les leçons de danse se succèdent, entrecoupées par des pauses dans la case de retraite pour les initiées. Les trois mouvements principaux sont : Le tour de la concession, la danse particulière et secouer la tête. Au septième jour, les « chevaux » reçoivent les vêtements rituels correspondant aux génies qui les possèdent.

Ingénieur des Ponts et Chaussées, Jean Rouch (1917-2004) découvre l’ethnologie au Niger en 1941. Au cours d’un long séjour en Afrique en 1946-1947, il descend le fleuve Niger, s’intéresse aux Songhay, et décide de se consacrer à l’ethnologie et au cinéma. Il utilise dès le début le film 16 mm comme second carnet de notes. Influencé par le surréalisme autant que par les travaux de Marcel Griaule, il filme l’évolution de sociétés du Niger et du Mali jusqu’au début des années 1980. Son écriture cinématographique influence nombre de documentaristes, et aussi les réalisateurs de la Nouvelle Vague, tels Godard, Rohmer et Rivette. En 1960, Rouch qualifie sa manière de filmer de « cinéma-vérité », en suivant l’exemple de ses maîtres Robert Flaherty et Dziga Vertov. Son œuvre (plus de 180 films), plusieurs fois récompensée à Venise, Cannes et Berlin, se compose de films ethnographiques et sociologiques ainsi que de fictions. Jean Rouch a été directeur de recherche au CNRS, président de la Cinémathèque française (1987-1991) et, de 1952 à 2004, secrétaire général du Comité du film ethnographique.

 

Fiche technique

Un film de / a film by : Jean Rouch (France)

Montage : Danièle Tessier

Production : CNRS, CFE, Jocelyne Rouch