ETHNOGRAPHIE ET CINEMA A NANTERRE - SUITE
jeudi 30 novembre 2017 -

Journées organisées par le laboratoire HAR (Damien Mottier et Gilles Remillet) et le LESC (Baptiste Buob)

avec le « Centenaire Jean Rouch 2017 », la Fondation Jean Rouch et Comité du film ethnographique

 

Placé au carrefour des arts et des sciences humaines, le Master 2 Cinéma anthropologique et documentaire de l’université Paris Nanterre (UFR PHILLIA) est l’héritier du premier DEA de Cinématographie créé en France, à l’initiative de Jean Rouch, il y a tout juste 40 ans. Cette formation à l’anthropologie filmique est le point d’aboutissement d’un long cheminement. Tout a commencé à la fin des années 1950 au Comité du Film Ethnographique au musée de l’Homme. Chaque année, plusieurs conférences délivrées par Jean Rouch permettaient aux jeunes chercheurs préparant un doctorat d’Ethnologie de découvrir le film ethnographique. À ces conférences introductives s’ajoutait une soirée hebdomadaire de projections. En 1969, cet enseignement s’est poursuivi et développé dans le cadre de l’université Paris X-Nanterre, dans la section Cinéma, appelée ensuite section Cinéma Anthropologique. Créée par Jean Rouch, Enrico Fulchignoni, Claudine de France et Colette Piault au sein du département des Sciences Sociales, cette Section proposait aux étudiants des cours de 1er et de 2e cycles, dont celui de Jean Rouch « Cinéma et sciences humaines ». S’y ajoutait un enseignement, unique en son genre, « Techniques corporelles du tournage à la main pour l’anthropologue-cinéaste ». Créé en 1962 par Maria Mallet, membre de la troupe du mime Marceau, à la demande de Jean Rouch et du cinéaste québécois Michel Brault, cet enseignement a été conçu expressément pour les cinéastes documentaristes en s’inspirant des techniques du mime, de la danse espagnole et des arts martiaux. Il en résulte un ensemble de techniques corporelles ayant pour but de développer l’imagination visuelle du cinéaste et de favoriser sa disponibilité face aux manifestations les plus imprévues de l’action filmée.

 

Connu internationalement, comme le DEA qui l’a précédé, le master 2 « Cinéma anthropologique et documentaire » forme chaque année une douzaine d’étudiants. L’enseignement délivré s’inscrit dans le double esprit d’un apprentissage pratique de la réalisation documentaire et d’une réflexion sur l’audiovisuel en anthropologie. Il s’agit de transformer, comme le souhaitait Jean Rouch, l’étudiant en chercheur-cinéaste documentariste, pleinement maître de son outil de recherche à chaque étape de la réalisation, en lui apprenant à filmer lui-même à la main ce qu’il étudie sur le terrain ; à monter son propre film ; à commenter ses stratégies de mise en scène.

 

À l’occasion de cette année de double célébration (le centenaire Jean Rouch et les 40 ans de la formation « Cinéma anthropologique et documentaire »), nous souhaitons mettre à l’honneur cette approche visant à former des anthropologues-cinéastes autonomes à même de penser par l’agir en engageant pleinement leur corps dans la recherche.

 

Pour l’ouverture de ces journées une salle Jean Rouch sera inaugurée sur le campus. Cette action symbolique sera l’occasion de revenir sur l’histoire de la formation en anthropologie filmique pour l’inscrire dans le présent et le futur de l’université. Les événements qui suivront seront autant de moment pour insister sur la dimension corporelle de l’acte cinématographique qui, dans les pas de Jean Rouch, est encore au centre de la pédagogie et de la pratique promue à Nanterre. Workshop, masterclass, performance, projections et table ronde seront autant d’occasion de pratiquer et de donner à voir cette pensée par corps propre aux anthropologues cinéastes.

Baptiste Buob, Damien Mottier et Gilles Remillet

 

 

 

 

La programmation sera annoncée sur : comitedufilmethnographique.com